Le Royaume-Uni s’apprête à franchir un cap majeur dans la lutte contre les deepfakes. Face aux inquiétudes croissantes suscitées par l’essor de l’intelligence artificielle générative, et notamment par Grok AI, le chatbot développé sous l’impulsion de Elon Musk, le gouvernement britannique annonce une législation renforcée visant à mieux protéger les victimes.
Au Royaume-Uni, la diffusion d’images intimes créées avec l’intelligence artificielle (deepfakes) est déjà illégale. En revanche, la création de ces contenus, ou le simple fait d’en faire la demande, n’était jusqu’ici pas clairement sanctionnée.
La nouvelle loi, issue de la loi sur les données (Data Use and Access Act), adoptée en juin 2025 mais jamais appliquée jusqu’à présent, vise précisément à corriger cette faille. Elle rendra désormais pénalement répréhensible la création, la sollicitation ou l’incitation à produire des images intimes non consensuelles avec l’intelligence artificielle et plus particulièrement Grok AI, même en l’absence de diffusion.
Concrètement, les plateformes proposant des technologies capables de générer des images truquées à caractère intime pourraient être tenues responsables si elles ne mettent pas en place des dispositifs de prévention suffisants. Cette annonce intervient dans un contexte de critiques visant Grok AI, accusé par certains internautes de ne pas bloquer efficacement la génération de contenus sensibles ou abusifs.
Interrogée par la BBC, la plateforme X a rappelé sa position officielle : « Toute personne utilisant ou incitant Grok à créer du contenu illégal subira les mêmes conséquences que si elle téléchargeait du contenu illégal. » Une déclaration qui, malgré tout, n’a pas suffi à apaiser les craintes des autorités, lesquelles estiment que l’autorégulation ne suffit plus face à la rapidité des évolutions technologiques.
Si la loi entre pleinement en application, les impacts seront nombreux. Tout d’abord, la création ou la demande de deepfakes intimes pourra entraîner des poursuites pénales. Les entreprises technologiques devront renforcer leurs mécanismes de contrôle et de modération, et les victimes disposeront d’un outil juridique plus solide pour faire valoir leurs droits.
Cette réforme pourrait également servir de modèle à d’autres pays européens confrontés aux mêmes problématiques. A savoir : la loi ne concerne pas “Grokipedia”. Elle vise uniquement les technologies d’intelligence artificielle capables de générer ou d’aider à produire des images truquées, en particulier celles créées ou encouragées pour produire des deepfakes intimes non consensuels. Grokipedia est une encyclopédie collaborative de référence, pas un outil de création d’images par IA, et n’entre donc pas dans le champ de cette législation.
