Les avantages (bien connus)
La sécurité intégrée : Les outils no-code sont souvent des outils SaaS, dans le cloud, donc c’est la plateforme qui finance et gère la sécurité. Pour l’heure, aucun cas de fuite de données depuis ces entreprises n’a été déclaré.
La diversité des fonctionnalités et la personnalisation à l’extrême : pour la veille, ces milliers d’outils couvrent l’ensemble du processus (voir tableau ci-après).
On citera notamment : Airtable pour créer et partager des bases de données, Notion pour gérer des projets, Webflow pour créer un site web, Typeform ou Tally pour publier un formulaire, Mailchimp, Brevo (ex. Sendinblue), ConvertKit ou Mailjet pour créer et envoyer des mailings, n8n, Make, Zapier ou UiPath pour automatiser des tâches généralistes, d’autres outils comme Clay, Phantom Buster, Instant data Scraper ou Captain Data servent à collecter des données. Et enfin Workato ou Mindflow pour la cybersécurité.
La simplicité d’utilisation pour un effet « waouh » : force est de constater que la version basique de certains outils est généralement déjà fort utile aux professionnels de la veille qui les optimiseront, ou pas, en ayant parfois recours à une autoformation. Les développeurs, y compris novices, peuvent ainsi créer des programmes en appliquant une logique, sans connaissance de langage informatique, grâce aux blocs de fonctions (condition, boucle, affichage, etc.).
Le gain de temps grâce à l’automatisation et aux outils pour simplifier la productivité. Grâce aux outils no-code, on se connecte à n’importe quelle API d’une appli, juste en précisant sa clé en n chiffres.
Les limites (souvent ignorées)
Formats propriétaires : Ces logiciels sont généralement propriétaires, fonctionnent dans le cloud (disponibles en SaaS en ligne), et ont la plupart du temps un modèle économique « freemium », c’est-à-dire avec une version gratuite qui donne accès à des fonctionnalités de base (sans publicité), et pour aller au-delà, un abonnement de 5 à 100 € par mois environ. Le risque est ainsi de se retrouver prisonnier d’un fournisseur, car si des efforts sont effectués en la matière, peu proposent des modèles de gestion open source, ou une véritable interopérabilité via des API et des plug-ins. Par exemple, si l’on souhaite migrer de Zapier, il faudra refaire toutes ses automatisations dans son nouvel outil.
La sécurité des données : Dans les entreprises, l’humain est le premier facteur de risque pour la cybersécurité. Et en la matière, de nombreux utilisateurs - parfois transformés en « développeurs citoyens » (sans formation technologique précise) -, voire les éditeurs eux-mêmes de solutions no-code, ne maîtrisent pas toujours la complexité des processus d’entreprise.
La conformité RGPD : Les outils no-code sont généralement hébergés aux États-Unis, où sont donc stockées les données. Cela signifie qu’ils ne sont pas soumis au RGPD. Malgré cela, certains sont tout de même en conformité. Dans l’absolu, rien dans le RGPD n'interdit d’utiliser un prestataire américain. Mais celui-ci doit s’engager à suivre les engagements en vigueur en Europe. Il faut donc bien se renseigner et contacter l’éditeur pour en savoir plus si besoin. Par exemple, seul Bubble permet d’héberger en France pour l’instant, moyennant un surcoût dans l’abonnement.
Panorama des outils no code utiles aux professionnels de l’information
| FONCTIONNALITÉS | OUTILS | ||
|---|---|---|---|
| Automatisation | |||
| Automatisation générale des tâches (connecter et faire interagir des milliers d’outils entre eux) | Zapier, n8n, Make (ex. Integromat), IF (ex. IFTTT), UiPath | ||
| Automatiser la publication et la diffusion sous forme de mailing/newsletter | Mailchimp, Brevo (ex. Sendinblue), MailJet, ConvertKit, Substack | ||
| Bases de données | |||
| Rechercher et présenter des bases de données | Airtable, Actiondesk | ||
| Analyser les données | Obviously, MixPannel | ||
| Gérer les données (organiser, trier, extraire) | Airtable, Tadabase, Notion | ||
| Collecte et analyse | |||
| Automatiser une collecte/un scraping des données à partir des réseaux sociaux (y compris LinkedIn) | PhantomBuster, Clay, Simple Scraper, Captain Data, Instant Data Scraper, Apify | ||
| Créer des flux RSS | Rss.app | ||
| Collecter et suivre des flux RSS | Inoreader, Feedly, Feedspot, etc. | ||
| Automatiser le partage et/ou la publication de RSS sur une newsletter ou une app | GoodBarber, Goodbits, SendGrid (via Zapier), Digest | ||
| Workflow /Productivité | |||
| Gérer ses projets | Notion, Clickup, Monday, SmartSuite, Raycast | ||
| Faciliter la prise de notes |
Obsidian*, Readwise, Notion, Inoreader, Evernote |
||
| Créer un site internet et/ou des applis | |||
| Créer un site internet et/ou des applis | WebFlow, Unbounce, Swipe Pages, Ghost, Retool | ||
| Bubble, Glide, Adalo, FlutterFlow, Bravo Studio, No-code Chrome Extensions Builder, FireAPIs. | |||
(*) Obsidian ne fonctionnant pas à 100 % en ligne, son intégration dans la catégorie des outils no-code est parfois remise en question.
Comment choisir un outil no-code ?
Dans ce contexte plus complexe qu’au premier abord, quelles sont les questions à se poser pour déterminer la pertinence et le choix d’un outil ?
Identifier la puissance et les fonctionnalités nécessaires : il est inutile d’opter pour un outil complet en pensant qu’il répondra forcément à ses (futurs) besoins. Il vaut mieux définir clairement ses objectifs de veille afin d’identifier les fonctionnalités les plus adaptées à ses besoins AVANT de choisir un outil. Il faut ainsi choisir entre deux approches : intégrer plusieurs produits logiciels de différents fournisseurs (approche « best-of-breed »), ou opter pour une solution complète d’un seul fournisseur. Chacune a ses avantages et ses inconvénients, notamment en termes d’évolutivité et d’ouverture à d’autres outils.
Comparer les outils : il existe de nombreux outils no-code disponibles sur le marché et il est important de les comparer. Pour cela, ne pas hésiter à rejoindre les communautés, notamment sur Discord ! Il sera aussi possible d’y demander l’avis d’experts.
Créer une gouvernance sur l’utilisation des données : une entreprise est encouragée à mettre en place une gouvernance sur la façon dont ces applications accèdent à leurs données et les utilisent afin de contrôler la sécurité des données.
Prévoir le temps d’autoformation : le no-code est certes plus accessible, mais pas facile pour autant. Il peut permettre d’acquérir des connaissances et un gain de temps s’il est appris de la bonne manière. Car il ne s’agit pas d’utiliser Airtable comme Excel, par exemple. Encore faut-il prévoir le temps nécessaire à se former en fonction de son niveau de compétence, d’appétence et d’adaptation réelles.
La disponibilité de l’aide : savoir si une communauté existe, notamment sur Discord, où elles doivent être réactives et constituées d’experts.
Voir notre article "Comment utiliser Discord pour ses veilles et ses recherches", Bases N°417 - sept 2023
Autres points de vigilance, comme pour tout outil :
- le budget
- la pérennité de l’éditeur qui propose l’outil
- l’évolutivité en fonction de ses besoins, ce qui est sans doute le plus difficile à définir.
Récupérer les données des APIs (et les visualiser dans une appli)
Avec les outils no-code, on glisse toujours un peu plus loin dans le développement d’applications, d’autant que les APIs sont en format JSON, bien connu des veilleurs férus d’informatique et de développement. Il est ainsi possible de créer des applications en passant directement par les APIs des outils et services en ligne pour en récupérer les données.
Les veilleurs s’affranchissent ainsi des outils et peuvent alors formuler les requêtes les plus proches de leurs besoins, directement auprès d’une API.
Et pour cela, une formule d’automatisation suffit parfois, comme dans cet exemple de récupération de données (ici des citations) mises à disposition par l’API avec une simple formule sur Integromat, en 5 minutes chrono.
Où et comment s’autoformer ?
OpenClassrooms fournit ainsi gratuitement une initiation au fonctionnement des APIs, avec l’agence contournement (à l’origine de l’association No-code France) fournit aussi quelques formations gratuites, mais on peut aussi penser à Uncode School, Alegria.academy, INIT ou même le youtubeur Shubham Sharma .
Enfin, pour consulter un annuaire à jour des outils no-code.
Notre avis
Savoir appliquer la logique des développeurs sans avoir à coder permet de personnaliser tous ses outils à l’extrême, et même de concevoir ses propres outils répondant spécifiquement à ses besoins, en accédant soi-même aux données transmises par les différentes APIs. C’est une nouvelle marge de liberté dont nous encourageons les veilleurs à se saisir, malgré un coût en temps de formation qui nous paraît somme toute raisonnable.

Commentaires
Afin de compléter votre excellent article, je vous propose ce retour d'expérience no-code d'envoi automatique de contenus de veille depuis l'agrégateur de flux RSS InoReader vers le CMS WordPress.
Cette expérimentation, qui a été pérennisée, a fait l'objet d'un article (https://www.adbs.fr/groupes/adbs-info/comment-developper-288932) et de vidéos (https://www.youtube.com/@majisteradebd4164/videos). Il est donc assez facile, et peu coûteux, de reproduire ce dispositif.
Bonne journée à vous,
Mathieu
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