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ARC Browser réinvente la navigation en ligne

Céline Boileau
Bases no
420
publié en
2023.12
3014
ARC Browser réinvente la navigation en ligne Image 1

Depuis quelques mois, un nouveau navigateur baptisé Arc est souvent évoqué comme une alternative à Chrome non seulement crédible, mais salutaire. Nous avons donc testé ce nouveau navigateur, accessible jusqu’alors à tous les utilisateurs de Mac, rejoints depuis ce mois-ci par les premiers utilisateurs de Windows PC inscrits sur liste d’attente. Spoiler : on a très vite oublié Chrome.

Le navigateur Arc a été créé par The Browser Company, une société américaine créée en 2019 qui réunit d’anciens salariés d’Instagram, Amazon, ou encore… Google Chrome. Josh Miller et Hursh Agrawal, de leur côté, avaient revendu une précédente startup à Facebook en 2014.

Comme beaucoup de professionnels de la veille, on a déjà testé de nombreux navigateurs, mais le nombre d’extensions utilisées sur Chrome uniquement ne rend pas le départ aisé. Or, c’est un premier frein important levé par Arc.

Basé sur Chromium, le navigateur développé et mis en open source par Chrome, Arc permet d’y retrouver toutes ses extensions (voir Figure 1).

Figure 1 : Le transfert des extensions sur Arc. On commence par choisir quatre extensions qui seront mises en avant.

Une interface épurée et bien rangée

La première impression après avoir installé son navigateur est celle de légèreté. C’est normal : l’interface et l’ergonomie sont justement pensées pour faciliter notre détox digitale.

Les premiers pas sont plutôt faciles. Exit la navigation en haut de l’écran. Ici, la navigation se fait dans une colonne latérale à gauche et non en haut de l’écran comme tous les autres navigateurs, mais on s’y fait vite (voir Figure 2). De plus, cette barre peut être masquée, ce qui permet de garder son attention sur l’écran.

La barre latérale inclut :

● Ses éléments de navigation : la barre de navigation, les sites et les extensions épinglés, des onglets ouverts et des dossiers qui regroupent plusieurs onglets.

● Une bibliothèque :

• Les Medias, par exemple les captures d’écran prises durant la navigation ;

• Les Downloads, c’est-à-dire les derniers téléchargements ;

• Les Easels (chevalets) & Notes, une sorte de tableau blanc, où l’on peut ranger ses notes, ses Medias, ses dessins, etc. ;

• Les Spaces, visualisés sous forme de colonnes ;

• Les Boosts, qui sont des sites consultés, dont on a personnalisé l’apparence ;

• Les Onglets archivés, dotés d’un moteur de recherche avec ses propres filtres.

Figure 2. Sur Arc, la navigation se fait sur la barre latérale de gauche. Et on peut opter pour une Split View qui permet de naviguer sur plusieurs pages en même temps.

De plus, la navigation est organisée différemment, à commencer par la possibilité de scinder son navigateur en différents Espaces (Spaces en anglais, le navigateur n’étant disponible que dans cette langue). Chaque espace de navigation permet de séparer ses activités pros et perso ou même ses différents projets. Un peu comme les bureaux multiples de Microsoft 11, mais en ligne et beaucoup plus ergonomique. Concernant l’exercice de la veille, c'est non seulement pratique pour travailler sans interférence sur différentes problématiques, mais on y trouve un gain d’attention insoupçonné.

Chaque espace - doté de son propre nom, émoji et design - est composé de son propre écran de navigation et de ses propres favoris : extensions et onglets épinglés, dossiers d’onglets, mais aussi chevalets, notes, etc. La bibliothèque est commune aux différents espaces, mais si l’on a personnalisé sa barre, nous n’en avons pas besoin. Les quatre extensions les plus utilisées sont aussi communes aux différents espaces, les autres extensions sont accessibles en un clic supplémentaire.

Enfin, il est possible de créer différents Profils, qui permettent de créer une barrière numérique avec ses propres données personnelles : comptes et identifiants, historique de navigation, cache et cookies.

site web bases netsources

Figure 3. Un nouveau design pour www.bases-netsources.com, grâce à la fonction Boost, qui permet a minima de changer le design d’un site.

Ce que cela change ? Le fait de scinder son navigateur en différents espaces permet non seulement de rester concentré sur sa tâche, mais aussi de répartir ses sites, onglets ou favoris en différents espaces. Non seulement cela sonne le glas des 98 onglets ouverts, mais cela permet de ranger ses captures d’écran et autres fichiers HTML qui finissent par envahir le bureau de son ordinateur.

De plus, retourner dans un espace est beaucoup plus simple, car l’historique et l’intention de navigation y sont davantage visibles : l’onglet de réservation des vacances ne vient pas interférer avec celui sur la stratégie d’Airbus, par exemple !

Recherche et analyse optimisées

Au sein d’un même espace, si la vitesse d’affichage des pages web reste iden­tique à Chrome, le chan­gement est ailleurs. Ce qui sera sans doute le plus appréciable pour un veilleur, c’est la Split View, c’est-à-dire la possibilité de diviser son écran en plusieurs fenêtres (voir Figure 2). C’est le même principe que la Split View qui s’applique aux bureaux sur Apple depuis 2014. On ne le recommande pas pour du multitâches qui nuirait à la productivité, mais il est utile si l’on a besoin de comparer différentes pages web sur un même sujet. Et cela permet, là encore, de « ranger », de thématiser la navigation entre quelques pages qui n’occuperont plus qu’un seul écran, et donc un seul onglet.

En outre, la tendance est là encore au minimalisme : qu’il s’agisse du bloqueur de publicités intégré (uBlock Origin), de la sidebar qui s’éclipse en mode « focus », des « Little Arc » qui sont des fenêtres pop-up que l’on referme aussitôt après lecture pour ne pas polluer sa barre latérale, du Media player en Picture in Picture (PiP), qui permet de visionner une vidéo ou d’écouter un podcast tout en naviguant, tout est pensé pour ne pas « sur-stimuler ». Et cela change tout ! Sans compter que la navigation se fait dans le respect de la vie privée. Arc collecte moins de données que Chrome, mais peut-être autant que Safari ou Firefox.

Enfin, les onglets non utilisés sont auto­­matiquement archivés après douze heures. Ce délai par défaut peut s’étendre à un mois, mais il permet de démarrer chaque jour sans un historique en cours, ce qui est également très appréciable ! Et comme les onglets sont archivés, ils restent accessibles grâce à un moteur de recherche qui filtre les onglets fermés par nous ou ceux fermés par le navigateur.

Les fonctionnalités utiles à la veille

En termes de collecte, un lecteur RSS sera peut-être bientôt intégré, car aujourd’hui il s’agit d’un des meilleurs moyens de s’informer sans être pollué justement par une lecture algorithmique. En attendant, le moyen le plus simple pour y suivre sa veille est d’épingler son lecteur RSS dans les extensions pour qu’il apparaisse sur tous les espaces, ou sous forme d’onglet pour qu’il ne soit pas archivé et reste en haut de la sidebar, sur l’espace de son choix.

Une autre solution de collecte, plus audacieuse, est d’utiliser la fonction « Easel & Notes » mentionnée plus haut pour créer une forme de tableau blanc avec un aperçu de ses sources. Car en plus d’une capture d’écran fixe, on peut aussi y mettre une capture dynamique, qui affiche en temps réel le contenu du site, qui peut permettre de consulter les titres des journaux en ligne. De plus, on peut partager son Easel en mode public, via un lien URL et autoriser d’autres utilisateurs à éditer et à enrichir son Easel, ce qui ouvre la voie à un travail en équipe sur Arc.

Notre avis

Non seulement le navigateur permet de mieux gérer l’équilibre vie pro/vie perso, mais aussi nos différentes activités. Il optimise grandement le rangement en ligne et hors ligne, et notre cerveau s’allège. Bien sûr, au début on a confondu les profils et les espaces, perdu quelques captures et quelques onglets au passage, mais les différents espaces sont efficaces pour nous permettre de rester davantage concentrés sur une activité à la fois. Résultat : on constate des gains conséquents en bien être, en attention et en productivité. Seul défaut : il est gourmand : il se montre jusqu’à 2,5 fois plus demandeur en mémoire vive (RAM) que ses principaux concurrents Chrome, Firefox ou encore Edge.

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