Chaque espace - doté de son propre nom, émoji et design - est composé de son propre écran de navigation et de ses propres favoris : extensions et onglets épinglés, dossiers d’onglets, mais aussi chevalets, notes, etc. La bibliothèque est commune aux différents espaces, mais si l’on a personnalisé sa barre, nous n’en avons pas besoin. Les quatre extensions les plus utilisées sont aussi communes aux différents espaces, les autres extensions sont accessibles en un clic supplémentaire.
Enfin, il est possible de créer différents Profils, qui permettent de créer une barrière numérique avec ses propres données personnelles : comptes et identifiants, historique de navigation, cache et cookies.
Figure 3. Un nouveau design pour www.bases-netsources.com, grâce à la fonction Boost, qui permet a minima de changer le design d’un site.
Ce que cela change ? Le fait de scinder son navigateur en différents espaces permet non seulement de rester concentré sur sa tâche, mais aussi de répartir ses sites, onglets ou favoris en différents espaces. Non seulement cela sonne le glas des 98 onglets ouverts, mais cela permet de ranger ses captures d’écran et autres fichiers HTML qui finissent par envahir le bureau de son ordinateur.
De plus, retourner dans un espace est beaucoup plus simple, car l’historique et l’intention de navigation y sont davantage visibles : l’onglet de réservation des vacances ne vient pas interférer avec celui sur la stratégie d’Airbus, par exemple !
Recherche et analyse optimisées
Au sein d’un même espace, si la vitesse d’affichage des pages web reste identique à Chrome, le changement est ailleurs. Ce qui sera sans doute le plus appréciable pour un veilleur, c’est la Split View, c’est-à-dire la possibilité de diviser son écran en plusieurs fenêtres (voir Figure 2). C’est le même principe que la Split View qui s’applique aux bureaux sur Apple depuis 2014. On ne le recommande pas pour du multitâches qui nuirait à la productivité, mais il est utile si l’on a besoin de comparer différentes pages web sur un même sujet. Et cela permet, là encore, de « ranger », de thématiser la navigation entre quelques pages qui n’occuperont plus qu’un seul écran, et donc un seul onglet.
En outre, la tendance est là encore au minimalisme : qu’il s’agisse du bloqueur de publicités intégré (uBlock Origin), de la sidebar qui s’éclipse en mode « focus », des « Little Arc » qui sont des fenêtres pop-up que l’on referme aussitôt après lecture pour ne pas polluer sa barre latérale, du Media player en Picture in Picture (PiP), qui permet de visionner une vidéo ou d’écouter un podcast tout en naviguant, tout est pensé pour ne pas « sur-stimuler ». Et cela change tout ! Sans compter que la navigation se fait dans le respect de la vie privée. Arc collecte moins de données que Chrome, mais peut-être autant que Safari ou Firefox.
Enfin, les onglets non utilisés sont automatiquement archivés après douze heures. Ce délai par défaut peut s’étendre à un mois, mais il permet de démarrer chaque jour sans un historique en cours, ce qui est également très appréciable ! Et comme les onglets sont archivés, ils restent accessibles grâce à un moteur de recherche qui filtre les onglets fermés par nous ou ceux fermés par le navigateur.
Les fonctionnalités utiles à la veille
En termes de collecte, un lecteur RSS sera peut-être bientôt intégré, car aujourd’hui il s’agit d’un des meilleurs moyens de s’informer sans être pollué justement par une lecture algorithmique. En attendant, le moyen le plus simple pour y suivre sa veille est d’épingler son lecteur RSS dans les extensions pour qu’il apparaisse sur tous les espaces, ou sous forme d’onglet pour qu’il ne soit pas archivé et reste en haut de la sidebar, sur l’espace de son choix.
Une autre solution de collecte, plus audacieuse, est d’utiliser la fonction « Easel & Notes » mentionnée plus haut pour créer une forme de tableau blanc avec un aperçu de ses sources. Car en plus d’une capture d’écran fixe, on peut aussi y mettre une capture dynamique, qui affiche en temps réel le contenu du site, qui peut permettre de consulter les titres des journaux en ligne. De plus, on peut partager son Easel en mode public, via un lien URL et autoriser d’autres utilisateurs à éditer et à enrichir son Easel, ce qui ouvre la voie à un travail en équipe sur Arc.
Notre avis
Non seulement le navigateur permet de mieux gérer l’équilibre vie pro/vie perso, mais aussi nos différentes activités. Il optimise grandement le rangement en ligne et hors ligne, et notre cerveau s’allège. Bien sûr, au début on a confondu les profils et les espaces, perdu quelques captures et quelques onglets au passage, mais les différents espaces sont efficaces pour nous permettre de rester davantage concentrés sur une activité à la fois. Résultat : on constate des gains conséquents en bien être, en attention et en productivité. Seul défaut : il est gourmand : il se montre jusqu’à 2,5 fois plus demandeur en mémoire vive (RAM) que ses principaux concurrents Chrome, Firefox ou encore Edge.


