Les Business cases, une source d’information originale

François Libmann
Bases no
420
publié en
2023.12
3213
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information business
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Les Business cases sont une source originale d’information sur des problématiques d’entreprises, des questions de management ou d’éthique. Si, dans quelques cas, l’accès à ces études appliquées au milieu des affaires est réservé au monde universitaire (enseignants et étudiants), très souvent, leur accès peut être ouvert à d'autres publics. On recommandera dans tous les cas de bien vérifier les droits d'auteur et les exploitations possibles.

Selon les sources, il existerait de 14 000 à 16 000 Business Schools dans le monde et toutes utiliseraient les Business cases, en français, « analyse de rentabilité » comme outil pédagogique. On parle aussi parfois de Cases studies mais ce terme est aussi employé dans d’autres disciplines, en particulier dans le monde médical.

Ces Business cases sont nés à la Harvard Business School dans les années 1920. Ils ont été créés par analogie avec les études de cas qui se pratiquaient à la Harvard Law School à partir des décisions rendues par les tribunaux. Dès l’année 1924, cet outil pédagogique a été largement utilisé à la Harvard Business School et s’est répandu dans le monde entier, même si l’on voit apparaître quelques remises en cause de cet outil.

Une démarche pédagogique spécifique

L’utilisation des Business cases est une démarche pédagogique radicalement différente de celle d’un cours ou d’une conférence traditionnelle au cours desquels un professeur/conférencier délivre une série d’informations, ce qui est en général, une communication dans un seul sens.

Les Business cases décrivent, dans la quasi-totalité des cas, des situations réelles, ce qui fait leur intérêt. Il s’agit de demander aux étudiants de réfléchir à une problématique de management à partir de situations réelles décrites.

L’utilisation d’un Business case permet une communication dans les deux sens. En général, elle comporte trois phases :

  1. Dans la première phase, chaque étudiant lit le cas qui comporte de 8 à 20 pages avec des annexes, en particulier financières et historiques.
  2. Ensuite des petits groupes d’étudiants échangent entre eux pour définir différentes actions stratégiques possibles en prenant le rôle d’un manager qui prend des décisions à partir d’informations incomplètes comme cela est fréquemment le cas dans la vie réelle.
  3. Enfin, l’ensemble des étudiants « chaperonnés » par leur enseignant, débattent des stratégies possibles.

D’autres approches existent aussi, par exemple à l’EM-Lyon, où c’est l’enseignant qui délivre les informations du cas. Les réactions/propositions des étudiants servent ensuite à la discussion du cas et pour leur évaluation.

Signalons aussi que l’INSEAD propose des scénarios en réalité virtuelle ce qui est, évidemment, plus immersif. Nous nous intéressons ici à ces Business cases car ils proposent une information très riche.

Une démarche à détourner pour la recherche ?

Nous en proposons, en fait, une utilisation détournée en considérant que l’énoncé et le développé de ces cas constituent une source riche et originale à intégrer dans une démarche de recherche d’information.

On y trouve, en effet, très fréquemment, au moins lorsqu’il s’agit de cas d’entreprises, un historique de cette entreprise, des données financières ainsi que de très riches références bibliographiques. De nombreux cas sont aussi proposés concernant des problématiques, par exemple liées à l’éthique ou à la discrimination. Certains éditeurs sont, d’ailleurs, spécialisés sur des problématiques particulières.

Ces informations peuvent être parti­culièrement intéressantes quand on s’intéresse à un nouveau sujet ou à une nouvelle entreprise.

Écoles, universités ou sites spécialisés proposent un achat en ligne de business cases par carte de crédit après une recherche plus ou moins sophistiquée. Une partie est en libre accès et les prix sont inférieurs à 10 €. Dans quelques cas, cet achat est réservé aux enseignants/étudiants, mais très souvent, un accès est possible pour les individuals , à titre personnel et/ou professionnel.

Beaucoup de cas ne sont pas très récents, ce qui n’est pas un problème dans une utilisation pédagogique, mais peut être plus gênant dans une recherche d’information.

Il faut savoir que le nombre total de cas disponibles se compte en dizaines de milliers.

On est donc loin du nombre d’articles disponibles dans les bases de données proposant des articles de type business. On a donc relativement peu de chances de tomber sur un cas qui correspondrait exactement à sa problématique, mais cela vaut la peine d’essayer et les données peuvent être intéressantes par analogie ou pour avoir une présentation générale proche de son sujet.

Nous avons pris le parti, dans cet article, de ne présenter que des sites permettant un « achat individuel » par carte de crédit pour une utilisation personnelle. Nous ne présenterons donc pas des sites comme la CCMP de la CCI de Région Paris Île-de-France dont l’accès est réservé aux enseignants, pas plus que celui de SAGE Publishing.

On remarquera qu’il y a, d’une part, les écoles/universités productrices de cas et, d’autre part, quelques purs agrégateurs de cas qui n’en produisent pas, leur rôle étant seulement de les diffuser. On peut aussi noter que de nombreuses universités sont à la fois producteurs de leurs cas et agrégateurs/diffuseurs de cas d’autres institutions.

Les principales ressources

Place d’abord au pionnier. Les Harvard Business School case studies sont écrites par des enseignants de la Harvard Business School et les autres institutions de Harvard (voir Figure 1.). À l’adresse www.hbsp.harvard.edu (puis Catalog, puis Cases) elles sont au nombre de 14 230, auxquelles ajouter 15 770 Business cases provenant de plus de 40 autres universités/écoles. On notera que ce n’est pas nécessairement la totalité de leur collection puisqu’on y trouve 975 Business cases de l’INSEAD alors que sur le site de cette école 2 523 sont disponibles.

Figure 1. Harvard Business School case studies

Nous avons pu acheter un cas en tant que particulier alors que l’achat des cas de Harvard n’est pas disponible pour les particuliers auprès de The Case Centre (voir ci-après).

The Case Centre a été créé en 1973 sous le nom de « Case Clearing House of Great Britain and Ireland ». Il a été rebaptisé en 2013 pour refléter son leadership mondial dans le domaine.

Il s’agit d’une structure indépendante et sans but lucratif qui met à disposition des collections de Business cases de 75 Écoles et Universités. À ce jour, 73 300 cas sont disponibles sur le site. Parmi ceux d’origine française on trouve Audencia (21 cas), l’ESSEC (313 cas), HEC (131 cas) et NEOMA BUSINESS SCHOOL (34 cas), on peut citer aussi l’INSEAD (2426 cas).

La provenance des cas est très variée : Italie, Suisse, Angleterre, mais aussi Canada, États-Unis, Inde, Émirats arabes unis.

Les possibilités de recherche sont assez développées, permettant de combiner plusieurs termes dans plusieurs champs.

Parmi les contributeurs, figure la IVEY Business School au Canada. On trouve 11 801 cas dans The Case Centre alors qu’il y en a 26 488 sur le site de cette université.

Très récemment The Case Centre a ajouté une centaine de cas en prove­nance d’Arabie Saoudite, proposés par le MBSC (Prince Mohammed Bib Salman College for Business & Entrepreneurship).

HEC MONTREAL propose 1 680 cas se rapportant essentiellement à des entreprises ou à des problématiques canadiennes.

Si l’on souhaite acheter un Business case on est redirigé vers le site eduzone, mais dans lequel on ne retrouve que 1 494 « business cases ».

Attention, il est bien spécifié que toute utilisation commerciale est interdite.

  • Le Darden Business Publishing de l’Université de Virginie aux États-Unis se présente comme le deuxième plus grand éditeur de cas aux États-Unis. Il propose plus de 3370 cas avec une ventilation par catégorie très précise. On le trouve à l’adresse www.store.darden.virginia.edu. Curieusement, en en trouve 4 218 dans The Case centre.
  • WDI Publishing, une filiale de William Davidson Institute à l’Université du Michigan propose 513 cas dont 22 datant de 2023. On les trouve à l’adresse www.wdi-publishing.com. Ces cas ne sont pas disponibles dans The Case Centre.
  • Emerald Insight offre trois collections de « business cases » dont deux qui sont originales à savoir les 1 100 « Emerging cases studies » et les 56 « cases for women ». On trouve enfin 250 cas plus généraux réalisés en collaboration avec « the Case association ».

Comme d’autres, Emerald Insight est un agrégateur des cas provenant de diverses sources, mais ses cas ne sont pas dans The Case Centre.

  • L’UTC GSB de l’Université du Cap en Afrique du Sud propose 75 Business cases centrés sur l’Afrique qui sont diffusés par Emerald, SAGE ou The Case Centre. En fait, seuls les 25 diffusés par The Case Centre sont facilement disponibles. En effet, SAGE est réservé aux enseignants.
  • La School of Management and Labor relations de la RUTGERS University aux États-Unis propose 157 cas certains gratuits et d'autres payants sur les « employee-owned companies and democratic organizations ». On y trouve aussi d’autres informations concernant ce domaine avec une ventilation précise par sujets.
  • La MIT Sloan School of Management propose plusieurs dizaines de cas avec une version avec watermark visualisable gratuitement à l’adresse https://mitsloan.mit.edu/teaching-resources-library/case-studies.

On trouve aussi 76 cas de cette école dans le site du Case centre.

  • Le Evergreen College situé dans l’État américain de Washington aux États-Unis propose plus de 115 cas concernant les Native studies développées dans le cadre du projet « Enduring legacies Native Case Initiative » réunissant plusieurs universités et des sponsors. On les trouve à l’adresse https://nativecases.evergreen.edu.
  • L’Université de Colombie britannique à Vancouver propose environ 200 cas en libre accès dans différents domaines à l’adresse suivante : https://cases.open.ubc.ca, rubrique Case Studies. Plutôt centrée à l’origine sur l’environnement, elle est maintenant pluridisciplinaire.
  • La Daniels Fund Ethics Initiative Case Bank propose en accès libre une quinzaine de cas concernant l’éthique à l’adresse www.danielsfund.org/index.php/Cases.
  • La Portland State University propose une quinzaine de Business cases concernant la thématique « Social Entrepreneurship and Sustainability » à l’adresse https://www.pdx.edu/business/social-innovation-social-entrepreneurship-publications
  • Le site Ethics Unwrapped de l’Université du Texas propose 75 cas en libre accès, pas toujours récents, posant des problèmes d’éthique à l’adresse https://ethicsunwrapped.utexas.edu/case-studies.
  • Par ailleurs le Journal of Business Cases and Applications (www.aabri.com/jbca.html) a publié environ 400 cas qui sont en open access. Nous avons remarqué un cas très fouillé concernant l’organisation et les mouvements financiers concernant la préparation des attentats du 11 septembre.

Sur le même site, le Journal of Behavioral Studies in Business (www.aabri.com/jbsb.html) propose 150 cas, également en libre accès.

  • La Tuck School of Business du Dartmouth College, une des universités américaines de la Ivy League, propose en accès libre une cinquantaine de cas écrits entre 2000 et 2018 (https://digitalstrategies.tuck.dartmouth.edu/cases/).

Un point d'entrée vers d'autres types de sources

Ces Business cases sont très souvent disponibles sur les sites d’universités ou d’écoles.Or, très souvent, ces business cases sont seulement un élément des ressources mises à disposition. On y trouvera donc souvent à proximité des articles ou des thèses, ce qui est très intéressant pour les recherches thématiques.